Chaque jour de la semaine, jusqu’au 20 juin journée mondiale des réfugiées, nous publierons un témoignage de vie pour rappeler les réalités de ces jeunes adultes, les obstacles rencontrés et leurs combats menés pour la dignité et leurs droits .✊️
Je m’appelle Mariam et j’ai 18 ans. Je suis arrivée en France depuis l’Arménie en 2023 à cause de problèmes personnels.
Depuis maintenant deux ans, je vis sans papiers. Avant de vivre cette situation, je ne pensais pas que l’absence de papiers pouvait avoir autant de conséquences dans la vie quotidienne.
Vivre sans papiers représente une véritable barrière. Beaucoup de choses qui paraissent normales pour les autres deviennent compliquées. Par exemple, je ne peux pas toujours participer aux voyages scolaires ou à certaines sorties organisées par mon lycée.
À chaque fois, je dois me demander si ma situation administrative ne va pas poser problème. Cela me donne parfois l’impression de ne pas avoir les mêmes possibilités que les autres jeunes de mon âge.
L’absence de papiers crée aussi des difficultés pour le logement. Trouver un appartement ou accomplir certaines démarches administratives est souvent plus compliqué.
Beaucoup de portes semblent fermées avant même que l’on puisse expliquer sa situation.
Personnellement, il y a aussi un aspect psychologique qui est difficile. Chaque fois que je vois des policiers dans la rue, je ressens une certaine inquiétude. Pourtant, je n’ai commis aucun crime et je respecte les lois.
Je vais au lycée, j’étudie et j’essaie simplement de construire mon avenir. Malgré cela, la peur d’un contrôle ou d’un problème administratif est parfois présente.
Ce sentiment est difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a jamais vécu. Je vis dans l’incertitude.
Il m’est difficile de faire des projets à long terme, je ne sais pas exactement ce qui va se passer dans les mois ou les années à venir. Parfois, cela me provoque du stress ou de l’anxiété. Malgré toutes ces difficultés, j’essaie de rester motivée.
J’ai appris une nouvelle langue, je poursuis mes études et je fais de mon mieux pour m’intégrer à la société française. Je continue à avancer parce que je crois en mon avenir. Cependant, vivre sans papiers reste une réalité difficile et pèse sur ma vie quotidienne, même lorsque je fais tout pour respecter les règles et construire quelque chose de positif.
